Le bengal - Santé


Le bengal n'est pas plus fragile que les autres races de chats, bien au contraire. Il fait souvent preuve d'une résistance à la maladie hors du commun. La race bengal n'est pas d'avantage sujette aux maladies que les autres races de chats. D'ailleurs, aucune des maladies évoquées ci-dessous n'est l'apanage (si l'on peut dire) de la race bengal. Le bengal les partage avec ses congénères des autres races.

Bien entendu, la lecture de cette rubrique ne sera pas le moment le plus agréable de votre visite sur notre site, et vous vous direz peut-être après en avoir pris connaissance : "il va me falloir une chance incroyable pour que mon chaton soit préservé de toutes ces maladies", ou pire : "à quoi bon acquérir un chaton pour le voir atteint d'un de ces maladies et peut-être mourir". Sachez qu'il en va de même pour toutes les autres races animales ... et même pour l'homme. Pour autant, tout ceci ne nous dissuade pas d'avoir des enfants, fort heureusement. Ces maladies, même si elles existent, ne touchent heureusement qu'une infime partie de la population féline.

Sans tomber dans la psychose, il convient donc simplement de vous renseigner avant l'achat de votre chaton et de connaitre les principales maladies susceptibles d'affecter la race bengal. Ceci vous permettra notamment de vérifier que votre éleveur met en œuvre les moyens nécessaires pour s'en prémunir. En effet, un éleveur sérieux et responsable s'appliquera à prendre toutes les précautions qui s'imposent pour protéger ses reproducteurs de ces maladies. Il ne cherchera pas à éviter vos questions sur le sujet, mais s'appliquera au contraire à vous fournir les renseignements dont vous avez besoin.



HCM (cardiomyopathie hypertrophique)


La cardiomyopathie hypertrophique (HCM en anglais ou CMH en français) est une maladie affectant le cœur présente chez de nombreuses races de chats dont les principales sont : Main Coon, Persan, British bleu, Chartreux, Himalayen, Siamois, Burmese, Ragdoll. La race bengal ayant été créée par croisement avec un certain nombre de ces races (voir rubrique histoire), il n'est donc pas étonnant qu'elle ait hérité de cette maladie.

Le HCM se traduit par une augmentation de l'épaisseur du muscle cardiaque, appelé myocarde, au niveau du ventricule gauche. Le problème est qu'il grossit vers l’intérieur. Il en résulte une diminution de l'espace disponible pour la réception du sang, et donc de la capacité du cœur à pomper le sang oxygéné dans l'organisme. Comme à chaque coup de pompe il y a moins de sang qui circule, le cœur doit pomper plus souvent. Et que se passe-t-il lorsqu’un muscle travaille plus fort? Il grossit! Et le problème est de plus en plus sévère.

Issue :

Mortelle à plus ou moins brève échéance.

Symptômes :

Les signes précurseurs de la maladie sont : souffle cardiaque, fréquence cardiaque plus élevée, difficultés respiratoires. Dans un certain nombre de cas, le décès du chat survient brutalement alors que la maladie n’a pas été détectée. Les signes cliniques du HCM sont une intolérance à l’exercice, une fatigabilité et des difficultés respiratoires.

Origines :

A ce jour, les causes de cette maladie n'ont pas clairement été identifiées. On évoque plusieurs origines possibles : génétique (non confirmé à ce stade en ce qui concerne le bengal), virale ou induite par une autre maladie (ex : hyperthyroïdisme)


Les effets du HCM sur le coeur
Diagnostic :

Le diagnostic de cette maladie doit être réalisé par un vétérinaire pratiquant une auscultation associée à des examens plus spécifiques tels que échocardiographie, électrocardiographie et radiographie. En cas de suspicion clinique d’une affection cardiaque, l’échocardiographie est un examen donnant un diagnostic précis sur la nature de la maladie. Les limites de l’échocardiographie résident dans la difficulté de l’acquisition et de l’interprétation des images et dans le manque de coopération du chat.

Comment me prémunir de cette maladie lors de l'achat de mon bengal ?

Compte tenu du manque de connaissance actuel sur l'origine du HCM, aucun éleveur sérieux ne pourra vous garantir à 100% contre cette maladie. En l'état actuel des connaissances, la meilleure précaution à prendre par un éleveur pour se prémunir contre cette maladie consiste à réaliser un dépistage annuel de tous ses reproducteurs par échocardiographie. En effet, l'absence constatée de cette maladie sur les 2 ou 3 générations précédent votre chaton diminue à priori le risque qu'il soit atteint un jour. Lors de votre achat, assurez-vous impérativement auprès de votre éleveur qu'il procède à ce test régulièrement et demandez-lui une copie des compte-rendu des derniers examens des parents de votre chaton. L'affichage clair de cette pratique sur le site de l'éleveur est là aussi un gage de sérieux. N'achetez pas votre chaton dans un élevage qui ne pratiquerait pas systématiquement ce dépistage.



PK-Def (Déficience en Pyruvate Kinase)


La pyruvate kinase (PK) est une enzyme essentielle à la production d'énergie par les globules rouges. Une déficience en PK provoque une destruction prématurée des cellules, qui se manifeste chez le chat par une anémie du sang de gravité variable.

Issue :

Mortelle dans certains cas. Les chats touchés peuvent également avoir une durée de vie normale et ne présenter une anémie que de façon intermittente.

Symptômes :

Les signes cliniques de la maladie reflètent l'état anémique de l'animal et comprennent une intolérance à l'exercice physique, une faiblesse généralisée, un souffle cardiaque et une splénomégalie (augmentation du volume de la rate).


Origine :

La PKH-Def a une origine génétique. La maladie se transmet selon un mode récessif. Pour contracter la maladie, le chaton devra hériter de 2 gènes mutés (PK-Def) de la part de ses parents (1 du père et 1 de la mère)

Le tableau ci-contre détaille le mécanisme de transmission du PK-Def :
Un gène normal est noté "N"
Un gène muté est noté "P"

Un chat non porteur ne pourra pas transmettre le gène muté à ses chatons.
Un chat porteur sain transmettra le gène muté à 50% de ses chatons.
Un chat atteint transmettra systématiquement le gène muté.

Il en résulte un principe simple : un chaton dont les 2 parents sont non porteurs le sera donc aussi nécessairement. La meilleure façon de lutter contre cette maladie nous apparait donc clairement : éliminer progressivement de la chaîne de reproduction tous les chats porteurs, pour ne garder que des reproducteurs non porteurs.


Le mécanisme de transmission du PK-Def
Diagnostic :

La déficience en PK peut être détectée à l'aide des outils de la génétique moléculaire. L’anomalie génétique directement responsable de la maladie peut être détectée au moyen d'un test ADN. Il permet de dresser le profil du chat en déterminant s'il est porteur ou non du gène muté. Cette information est déterminante pour limiter la propagation de la maladie, car les porteurs sains sont susceptible de transmettre le gène muté à leurs chatons dans 50% des cas. Les tests ADN ne sont pratiqués actuellement que par quelques laboratoires en Europe.

Comment me prémunir de cette maladie lors de l'achat de mon bengal ?

Un éleveur sérieux pratiquera systématiquement le test ADN sur ses reproducteurs avant toute saillie, à moins d'avoir la garantie (par test ADN) que leurs 2 parents (et donc grands-parents de votre chaton) sont non porteurs. Avant tout achat, demandez ces éléments à votre éleveur. Si l'un au moins des parents de votre chaton est non porteur, vous êtes assuré que votre chaton ne contractera jamais cette maladie.



FIV (Feline Immunodeficiency Virus)


Le virus de l'immunodéficience féline, également appelé SIDA du chat, a été découvert en 1986. Il est génétiquement, morphologiquement, fonctionnellement et pathologiquement similaire au HIV ou SIDA de l'homme. Il ne se transmet qu'entre félins par la salive ou par les relations sexuelles. Il n'y a aucune possibilité de transmission du chat vers l'homme, ni vers d'autres espèces animales.

L'infection est rare chez les chats vivant en appartement et n'étant pas en contact avec d'autres chats, alors qu'elle est fréquente chez les chats errants (environ 15 % des chats des rues sont porteurs du virus). Le virus est très fragile dans le milieu extérieur : il y survit quelques dizaines de minutes maximum. La contamination des lieux (par des objets, par le sol) est presque impossible, surtout s'il y a une désinfection sérieuse après chaque chat.

Issue :

Indirectement mortelle. À la faveur d'un stress important, d'une maladie ou bien sans aucune raison, le virus se « réveille ». Il se multiplie et détruit des globules blancs (cellules sanguines), nécessaires à la défense du chat contre les maladies. Il y a donc une diminution des défenses immunitaires ce qui rend le chat très sensible aux virus, même ceux qui sont peu dangereux pour des chats non atteints par le FIV. Lorsqu'un chat est atteint par le FIV, il développe souvent, surtout en phase terminale, des cancers du sang (comme des leucémies).


Virus de l'immunodéficience féline
Symptômes :

Le chat est donc très souvent atteint par des maladies dites "opportunistes" : ce sont des maladies qui profitent de l'affaiblissement de l'animal pour se développer. Il peut également développer des maladies dites "classiques" du chat, il est alors atteint plus gravement qu'un chat négatif pour le FIV. Le chat peut donc présenter des maladies très variées qui peuvent toucher par exemple les voies respiratoires, la bouche, les intestins, les voies urinaires… On peut notamment observer fièvre, amaigrissement, infections, diarrhées chroniques, abcès cutanés, troubles nerveux, troubles comportementaux.

Origines :

Le FIV a une origine virale. Il se transmet entre chats par la salive ou les relations sexuelles.

Diagnostic :

Le dépistage peut être réalisé chez n'importe quel vétérinaire. Il est excessivement simple à réaliser. Il suffit de prélever deux gouttes de sang du chat et de les placer dans un testeur. Le résultat est disponible sous dix minutes.

Comment me prémunir de cette maladie lors de l'achat de mon bengal ?

Malheureusement, il n'existe aucun vaccin contre le FIV, contrairement au FeLV (leucose féline). La seule prévention possible est d'éviter tout contact entre chats sains et malades. Pour cela, un éleveur doit éviter tout contact de ses reproducteurs avec des chats extérieurs. Il doit également réclamer un test de dépistage récent sur tout nouvel entrant dans son élevage. Il lui est aussi recommandé de faire stériliser les chats (mâles ou femelles) retirés de son programme d'élevage afin d'éviter les bagarres (et donc les morsures) et la transmission vénérienne du virus.

Il s'agit donc avant tout d'une question de confiance entre votre éleveur et vous, sur sa mise en pratique de ces principes.



FelV (virus de la leucose féline)


La leucose féline est une maladie virale qui est la principale cause de mortalité du chat. Elle se transmet par toutes les sécrétions : larmes, salive, urines, selles et sang. La contagion entre chats se fait à l’occasion des morsures, léchage, partage de la même gamelle ou du même bac. Cette maladie est également appelée "pseudo SIDA" du chat, pour ses similitudes avec le SIDA du chat, ou FIV. Tout comme ce dernier, elle n'est pas transmissible à l'homme.

Issue :

Mortelle pour la majorité des chats porteurs. Un chat contaminé porte le virus qui reste dans une premier temps "en sommeil" dans son organisme. Le chat est dit "porteur sain", c'est à dire qu'il porte en lui le virus, peut le transmettre à d'autres chats, mais n'a pas encore déclaré la maladie. Cette période de latence peut varier de quelques mois à 7 ou 8 ans. Pour la majorité des chats porteurs, le virus va alors se "réveiller", provoquant différents symptômes décrits ci-dessous. L'issu est systématiquement fatale à plus ou moins brève échéance.

Symptômes :

La maladie se manifeste sous les formes suivantes : tumeurs (cavité thoracique, cavité abdominale, reins, ...), anémies, encéphalites, infections et maladies compliquantes, qui profitent de l'affaiblissement du système immunitaire pour se développer (PIF, affections diverses)


La structure d'un rétrovirus
Origines :

La leucose féline est déclenchée par le développement d'un rétrovirus, virus qui a la particularité de pénétrer de façon définitive dans les cellules du chat infecté. Un chat contaminé portera donc en lui le virus jusqu'à la fin de ses jours.

Diagnostic :

La leucose est très complexe à diagnostiquer, du fait de la grande variété de ses symptômes. En cas de suspicion, un test sanguin existe. Pour obtenir un résultat fiable, il doit être pratiqué à 2 reprises, à 2 ou 3 mois d'intervalles. En effet, pour que le virus soit détecté, il doit être présent en quantité suffisante dans l'organisme.

Comment me prémunir de cette maladie lors de l'achat de mon bengal ?

Pour un chat déjà atteint, il n'existe aucun traitement curatif pour la leucose. Une fois la maladie déclarée, des traitement palliatifs permettent d'en réduire les symptômes mais ceci ne fera que prolonger de quelques semaines, voire quelques mois la vie du chat atteint.

Le seul recours possible est donc un traitement préventif permettant de protéger d'une contamination le chat non porteur du virus. Un vaccin existe à cet effet. Il est indispensable de le pratiquer sur un chat ayant accès à l'extérieur ou étant en contact avec d'autres chats. Assurez-vous auprès de votre éleveur que tous ses chats sont vaccinés contre la leucose. Pour être tout à fait complet sur le sujet, il est à signaler que l'usage du vaccin contre la leucose est très controversé, car soupçonné de provoquer sur le long terme cancers ou déficiences du système immunitaire. Ceci est particulièrement vrai sur le continent américain ou un grand nombre d'éleveurs et de vétérinaires appliquent le principe de précaution en ne vaccinant pas leurs reproducteurs. Si votre éleveur ne pratique pas ce vaccin, demandez lui alors de vous produire un test de dépistage FelV récent des chats en contact avec votre chaton.



PIF (péritonite infectieuse féline)


La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie infectieuse qui touche la totalité des races de chats. Elle serait due à la mutation d'un coronavirus entérique en virus de la péritonite infectieuse féline (FIPV). Le virus muté est alors capable de se reproduire et d’envahir tout l'organisme du chat, y causant de graves dysfonctionnements.
Le coronavirus est présent dans la quasi totalité des élevages. Fort heureusement, il ne mute que dans de très rares cas (moins de 1 sur 5000). Il se transmet très facilement par ingestion (transmission oro-fécale) ou inhalation. Les excréments constituent la source la plus fréquente, mais des surfaces contaminées très variées, telles que la vaisselle ou les tissus peuvent également être incriminés. Compte tenu de l'omniprésence des coronavirus chez les chats et de leur propension à se disséminer via tous types de vecteurs et de supports, il est extrêmement difficile, voire impossible de se prémunir de la présence du coronavirus dans les élevages.

Issue :

Mortelle dans tous les cas, lorsque la maladie est déclarée, c'est à dire lorsque le coronavirus a muté. Fort heureusement, la maladie ne se déclare que très rarement et la quasi totalité des chats porteurs du coronavirus vivent tout à fait normalement.
Il n'existe aucun traitement curatif, mais uniquement des mesures palliatives, permettant de réduire les symptômes.


Le coronavirus de la PIF
Symptômes :

La PIF peut présenter 2 formes différentes :
- la PIF dite "humide", se caractérise par la formation d'épanchements liquides qui finissent pas envahir le thorax ou l'abdomen, causant de graves trouble respiratoires ou digestifs.
- la PIF dite "sèche", peut atteindre 1 ou plusieurs organes simutanément, causant leur dysfonctionnement.
Dans les 2 formes, le chat perd l'appétit, est sujet à des fièvres et maigrit anormalement.

Origines :

Les facteurs déclencheurs de la maladie ne sont pas clairement identifiés. Il semblerait qu'un organisme déjà affaibli par une autre maladie ou perturbé par une situation de stress intense soit un terrain favorable à l'apparition de la PIF. Il semblerait également que le facteur génétique puisse jouer un rôle dans la qualité de la réponse immunitaire permettant de lutter contre le coronavirus. Certaines lignées sembleraient avoir des prédispositions.

Diagnostic :

Les symptômes de la PIF ne sont pas propres à cette maladie, ce qui a tendance à rendre le diagnostic plus complexe. Un examen sanguin peut permettre la mise en évidence de la forme sèche. La forme humide, quant à elle, n'est bien souvent constatée que post mortem, grâce à une analyse des tissus.

Comment me prémunir de cette maladie lors de l'achat de mon bengal ?

Au stade de dissémination où en est le coronavirus (présent dans la quasi totalité des élevages), on ne peut que se résigner à vivre avec le risque, somme toute très réduit, que la PIF se déclare un jour sur votre chaton. Par précaution, du fait d'une possible influence génétique, un éleveur devrait retirer de son programme des reproducteurs à l'origine de plusieurs chatons ayant déclaré la PIF.



PKD (Polycystic Kidney Disease)


A ne pas confondre avec son quasi homonyme, la PK-Def (voir ci-dessus), la polykystose rénale (appelée couramment PKD) est une maladie génétique fréquente chez différentes races de chat, notamment le Persan et les races apparentées. La fréquence de l’anomalie génétique a été estimée pour quatre races : Persan (26%), Exotic Shorthair (37%), British Shorthair (12%), Maine Coon (1%).

Cette maladie rénale se traduit chez les chats atteints par l'envahissement progressif du rein par des kystes remplis de liquide. Le nombre et la taille de ces kystes augmentent avec l'âge du chat et lorsque le tissu rénal n'est plus suffisamment présent pour assurer les fonctions d'épuration du rein, il se développe une insuffisance rénale chronique.

A priori, cette maladie n'est pas présente chez la race bengal. Néanmoins, par précaution, un éleveur peut demander un contrôle de l'état des reins à l'occasion d'un dépistage HCM par échocardiographie.
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